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BANG BANG ˜ 6 SHOTS AT LOVE ˜

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Romance LGBT contemporaine, thèmes sombres, pour public averti

Disponible en version française, anglaise, digitale et papier.

Bang Bang est un recueil de 6 histoires courtes gravitant autour de l’amour entre les deux mêmes personnages, en boucle et en recommencement.  Deux garçons, un amour, la vie, la mort.

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EXTRAIT

~ Quatrième tir ~

Tireur 2

If only you could see yourself like I see you

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Tous les matins, tu te regardes dans le miroir, grimaçant à la vue. Tous les jours, partout où ton regard rencontre ton reflet. Fenêtre, devanture de boutique, rétroviseur. À chaque fois. Tu ne vois que les cicatrices, et te rappelles les plaies, le sang, l’odeur des médicaments, la sensation des bandages et la douleur insoutenable.

Je me rappelle nos retrouvailles, le soulagement de te ramasser vivant au milieu des cadavres après une bagarre entre mafieux, tes yeux qui me regardèrent avant que tu ne t’évanouisses de trop de sang perdu, cet amour toujours présent en eux, rayonnant tout comme dans mon souvenir lorsque nous étions des enfants insouciants, avant que nos chemins se séparent, les larmes de joie quand tu t’es réveillé plusieurs jours plus tard et que j’ai su que tu n’allais pas mourir, la sensation de tes lèvres gercées et comment tu as murmuré mon nom d’une voix rauque.

Et je vois ta détermination, ta flamme, à laquelle celle qui t’a donné ta cicatrice ne peut se comparer. Elle t’a seulement léché le visage, incapable de te blesser à mort, ne pouvant que te marquer d’une histoire. Je vois ton dévouement lorsque tu as monté les échelons de la Mafia avec un idéal en tête, un monde libre et les moyens pour l’obtenir, et la beauté derrière le masque.

Je vois celui que j’ai aimé, que j’aime, et que j’aimerai, encore et encore, parce que je te vois, je te vois vraiment. Pas celui que tu vois dans le miroir, et que tu méprises à cause de cette laideur que tu penses être tienne, de la faiblesse que tu penses écrite sur ton visage, de la façon que tu as de croire que tu as échoué.

Si tu pouvais te voir comme je te vois…

Tu verrais l’enfant blond sortir comme une furie de notre chambre à l’orphelinat, renversant les piles de jeux éparpillées aux alentours, criant et ruant, toujours en action, t’arrêtant à peine une seconde pour me sourire et m’aider à remettre les jeux en place.

Tu verrais ce beau visage avec ces lèvres rosées approchant les miennes et le baiser, et le mouvement de ta bouche me murmurant ton premier « je t’aime », et les nuages avec leurs formes amusantes alors que nous avions passé l’après midi à les regarder traverser le ciel, si bleu ce jour là que j’ai cru que j’avais regardé tes yeux de trop près et que leur couleur était tout ce que je pouvais voir dans ce champ immense de cumulus en coton blanc.

Tu verrais tes cheveux ébourriffés, étalés sur l’oreiller, et ta poitrine se soulever en rythme régulier alors que, pour une fois, tu avais dormi toute la nuit sans faire un seul cauchemar, dans mes bras, après que nous ayons fait l’amour pour la première fois, la nuit où nos parents d’accueil sont morts, et le petit sourire sur tes lèvres, et tes doigts entrelacés avec les miens, et la petite marque rouge juste derrière ton oreille, que j’avais laissée.

Tu verrais l’homme extraordinaire se tenant maintenant devant moi, qui me demande à quoi je pense avec cette expression dans tes yeux que tu as toujours lorsque tu te demandes ce que j’ai en tête. Une expression d’amusement devant mon sourire narquois; de léger désespoir à l’idée que je pense probablement à l’un de mes jeux et comment gagner contre le boss de fin; de tendresse parce qu’elle est toujours là dans tes yeux. Seulement pour moi, seulement avec moi.

Et je te réponds que je pense à toi, et tu secoues la tête mais tu souris, parce que tu sais que c’est vrai. Et je t’attire dans mes bras, et je mordille ton oreille avec un « je t’aime » au bout des lèvres, et tu me dis que tu ne sais pas comment je peux t’aimer, parce que tu es laid, et tu as tué et commis beaucoup d’erreurs et tu ne mérites pas mon amour. Et je sais que même si tu ne sais pas comment, tu sais combien.

Si seulement tu pouvais t’aimer comme je t’aime…

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(La longueur de cette histoire n’est pas représentative de la longueur des autres histoires du livre, la plupart sont bien plus longues !)

Copyright © 2010 Kei – Audrey Martinez

Tous droits réservés. Ce livre ou toute partie de celui-ci ne peuvent être reproduits ou utilisés d’aucune manière que ce soit sans l’autorisation écrite de l’éditeur excepté l’utilisation de citations brèves dans le cadre d’une critique littéraire.