Vous êtes nombreux à me contacter pour votre premier roman : comment le finir quand on souffre du syndrome de la page blanche, quel éditeur viser lorsqu’il est fini, comment passer l’étape de la première sélection pour qu’il soit remis au comité de lecture et ne finisse pas directement à la poubelle sans même avoir été ouvert, et quelles erreurs à ne pas commettre en général, que vous soyez encore en phase d’écriture ou prêt à l’envoyer à une maison d’édition.
J’ai donc compilé les questions les plus récurrentes en une liste de choses à ne pas faire pour un premier roman (et les suivants aussi, mais normalement, on ne commet pas deux fois les mêmes erreurs à ce niveau, l’échec est formateur !), et j’ai découpé cette liste en deux articles vu sa longueur, et le fait qu’elle touche à l’avant (phase d’écriture) et après (roman fini prêt à partir).
Commençons donc par les erreurs à ne pas commettre pendant la phase d’écriture !

 

PENSER QU’IL FAUT TOUT PLANIFIER DE A À Z

Cela fonctionne très bien pour certains écrivains, et d’autres (dont je fais partie) ne savent parfois absolument pas comment leur roman finira. Certains ont besoin de créer des fiches personnages, des étapes de développement de l’histoire, et prévoir la fin, et d’autres se laissent porter, faisant connaissance avec leurs personnages au fil des pages, l’histoire se dévoilant à eux au fur et à mesure qu’ils écrivent.
Trouver son mode de fonctionnement importe plus que de suivre des règles, il n’y a pas de taille unique au costume d’écrivain.
Mais attention, ne pas suivre un plan défini ne signifie pas qu’on ne sait pas où on va, ce qui m’amène au point suivant.

 

NE PAS SAVOIR OÙ ON VA

On ne commence pas un roman (c’est à dire une moyenne de 80 000 mots quand même…) sans avoir une idée de l’histoire que l’on veut raconter. Il faut un minimum de matière, par exemple, un contexte, deux personnages, et une finalité. Je vais prendre un exemple tout bête, qui, bien que non qualitatif, démontre très bien ce que je veux dire par là : le roman Harlequin. Il y a deux personnages dans un contexte précis et la finalité est qu’ils terminent ensemble. Idem pour les polars : un crime, un personnage coupable, un personnage qui joue les détectives, la finalité étant que le second découvre le premier. Perso, même si j’ai tendance à me laisser porter par mon écriture car j’aime me faire surprendre par le développement de ma propre histoire, je ne pars pas sans ces trois prérequis.

 

ÉCRIRE POUR L’ARGENT

En plus d’avoir rempli les trois critères du point précédent, il faut aussi savoir pourquoi on écrit. Et, oui, il y a de bonnes et de mauvaises raisons.
Écrire pour l’argent est totalement irréaliste, parce les écrivains qui vivent de leurs romans sont très peu nombreux en France, pas plus d’une quarantaine. Il est utopique de croire qu’on va être le prochain Bernard Werber (oui, je l’aime bien lui, talentueux, humble et best seller).

 

ÉCRIRE POUR L’EGO

Je suis obligée d’admettre que malheureusement, c’est un cas que j’ai rencontré très souvent sur les fora/groupes Facebook sur l’écriture : l’écrivain qui se pense investi d’un talent qui ne tolère pas la critique, qui pense que son livre est un best seller en devenir, et qui a juste besoin qu’un éditeur le remarque pour que la grande vie commence pour lui.
Déception assurée sur ce coup là : écrire dans le seul but de se faire encenser dénote d’un égoïsme impropre au partage d’une histoire, de sentiments, bref, aucun partage avec le lecteur n’est possible puisque cette écriture axée sur l’ego stagne dans une marre d’autosatisfaction.

 

NE PAS ÉCRIRE/NE PAS AVOIR DE DISCIPLINE

Comme je l’ai déjà dit dans un article précédent, pour arriver au bout d’un roman, il faut écrire !
On n’a pas tous la chance de choisir son emploi du temps, et quand on bosse toute la journée, c’est parfois difficile de se mettre devant son clavier pour bosser encore. Certes, écrire est un plaisir (sinon, tu es maso de continuer si tu n’aimes pas ça !) mais ça reste un travail à prendre au sérieux. Le but est de viser un éditeur professionnel après tout, il ne lira pas quelque chose de totalement amateur.
Et donc, il faut se discipliner et écrire. Pas seulement pour avancer dans l’histoire, mais aussi, via un blog, des articles etc, pour améliorer son écriture.
Si tu rêves de faire carrière en tant qu’écrivain, et même en ayant déjà un job fixe, tu ne développeras ton activité de rêve qu’en la traitant comme un vrai job également, pas juste un à côté.

 

 

CROIRE QU’UN ROMAN NE S’ÉCRIT QU’EN UNE SEULE FOIS

Tous les romans que j’ai sous le coude ont demandé plus de travail de réécriture que ne m’en a pris le premier jet. Une fois l’histoire achevée, c’est là que le plus dur commence : enlever les lourdeurs, réécrire les passages confus, tailler dans des dialogues trop longs… et une fois cela fait, il reste encore la traque des fautes de frappe/orthographe.
De plus, et cela arrive souvent pour un premier roman, l’écrivain peut progresser de façon fulgurante dans la qualité de son écriture entre le début et la fin de son premier roman. Cela peut donc ajouter encore du boulot de réécriture pour que tout soit au même niveau.

 

ÉCRIRE PLUSIEURS ROMANS EN MÊME TEMPS

Ça, c’est une erreur que j’ai fait très souvent. J’enchaînais les idées, et avec ça l’envie de toutes les écrire, et je me retrouvais avec quatre romans commencés. Et même si j’avançais sur chacun à tout de rôle, j’ai vite compris que souvent, un seul capturait mon attention, les autres passant au second plan. Tous simplement parce que lorsqu’on s’investit dans une histoire, on est tellement immergé dedans que switcher d’une histoire à l’autre tout en gardant ce même niveau d’investissement pour toutes est impossible. Sans compter que le travail de correction et réécriture qui s’ensuit demande une concentration extrême, et peut parfois sembler lourd, donc avoir cela à faire sur plusieurs romans peut vite devenir rébarbatif. Finir son roman, passer à la réécriture, pour passer à l’écriture d’un autre roman, puis à sa réécriture est un rythme plus supportable !

 

NE PAS PARTAGER SON HISTOIRE AVANT LA PAGE FINALE

Faire relire son roman en cours de route, même si cela peut effrayer, est utile. Pas nécessaire pour les plus aguerris, mais pour un premier roman, je le conseille fortement.
Cela permet de voir les failles dans le développement avant d’aller trop loin et de devoir trop réécrire, et c’est également une bonne préparation à la réception de la critique, chose indissociable du métier d’écrivain.

 

VOULOIR FAIRE JOLI

Écrire, c’est raconter quelque chose, pas faire des figures de style. Un bon auteur est un auteur dont la patte est reconnaissable, mais dont l’écriture ne distrait pas le lecteur de l’histoire. Il n’y a rien de pire que de remarquer les efforts de l’écrivain pour montrer ce qu’il sait faire. Donc on édulcore, on fait simple, on n’essaie pas d’impressionner, ça agacera l’éditeur tout autant que le lecteur (et ceci dit, il y a peu de chance qu’un roman chargé à outrance de métaphores, allitérations et autres esbroufes passe de l’éditeur au lecteur).

 

COPIER “CE QUI SE FAIT”

Certes, il semble y avoir des modes, même en littérature, les sagas fantastiques par exemple en sont la preuve, mais écrire dans une catégorie uniquement dans l’espoir de vendre est probablement la plus mauvaise idée de toutes. D’une part parce que la mode ne pallie pas le talent, d’autre part parce que le temps pris à écrire… la mode pourrait très bien être passée !
Rester soi-même, écrire ce qu’on a réellement envie d’écrire, bref, y mettre du coeur plutôt que du calcul, est et restera toujours la meilleure stratégie.

 

La semaine prochaine, on passe aux erreurs à ne pas commettre une fois la phase d’écriture finie, quand tu t’apprêtes à envoyer ton roman aux éditeurs !

 

TU AS DÉJÀ COMMIS UNE DE CES ERREURS ?